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quinta-feira, 24 de janeiro de 2013



Fui ao mercado dos pássaros
E comprei pássaros
Para ti
Meu amor
Fui à loja das flores
E comprei flores
Para ti
Meu amor
Fui ao ferro-velho
E comprei correntes
Pesadas correntes
Para ti
Meu amor
Depois fui ao mercado dos escravos
E procurei-te
Mas não te encontrei
Meu amor

JACQUES PRÉVERT

terça-feira, 11 de dezembro de 2012

Les Feuilles Mortes


This song "Les Feuilles Mortes" was wrote by the french surrealist poet Jacques Prévert. In 1945, Prévert wrote the film script "Les Portes de la Nuit" (a film of Marcel Carné - 1946), from a ballet "Le Rendez-Vous" created by Roland Petit in 1945.
The two first verses of a song give the title : "Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout/contre les Portes de la Nuit". Jean Gabin and Marlene Dietrich had acepted to play the two characters, but at last, they changed for another movie : "Martin Roumagnac".
A young french singer presented by Edith Piaf :
Yves Montand plays this very pessimist film and sung "Les Feuilles Mortes".
The music was created, before, by Joseph Kosma for the ballet "Le Rendez-Vous" in 1945, and Prévert wrote, after, the words for the movie.
The poem was published, after the death of Jacques Prévert, in the book "Soleil de Nuit" in 1980.

Oh, je voudais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis
En ce temps-là la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Tu vois, je n'ai pas oublié
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Les souvenirs et les regrets aussi.

Et le vent du Nord les emporte,
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois je n'ai pas oublié,
La chanson que tu me chantais...

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Les souvenirs et les regrets aussi,
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie.

Je t'aimais tant, tu étais si jolie,
Comment veux-tu que je t'oublie?
En ce temps-là la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.

Tu étais ma plus douce amie
Mais je n'ai que faire des regrets.
Et la chanson que tu chantais,
Toujours, toujours je l'entendrai.

C'est une chanson qui nous ressemble,
Toi tu m'aimais, moi je t'aimais
Et nous vivions, tous deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.

Mais la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

C'est une chanson qui nous ressemble,
Toi tu m'aimais et je t'aimais
Et nous vivions tous deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.

Mais la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis
Oh! I would like as much as you remember
The happy days where we were friends.
In this time the life was more beautiful,
And the sun more burning than today.
The dead leaves collected with the shovel.
You see, I did not forget...
The dead leaves collected with the shovel,
The memories and the regrets also
And the wind of North carries them
In the cold night of the lapse of memory.
You see, I did not forget
The song that you sang me.

[ Refrain: ]
This is a song which resembles to us.
You, you loved me and I loved you
And we lived both together,
You who loved me, me who loved you.
But the life separate those which love themselves,
All softly, without making noise
And the sea erases on the sand
The Steps of divided lovers.

The dead leaves collected with the shovel,
The memories and the regrets also
But my quiet and faithful love
Smiles always and thanks the life
I loved you so much, you was so pretty.
Why do you want that I forget you ?
In this time, the life was more beautiful
And the sun more burning than today.
You were my softer friend
But I don't have only to make regrets
And the song than you sang,
Always, always I will hear it !


Oh je voudrais tant que tu te souviennes
Cette chanson était la tienne
C'était ta péférée je crois
Qu'elle est de Prévert et Kosma
Et chaque fois Les Feuilles mortes
Te rappelle à mon souvenir
Jour après jour les amours mortes
N'en finissent pas de mourir

Avec d'autres bien sûr je m'abandonner
Mais leur chanson est monotone
Et peu à peu je m'indiffère
À cela il n'est rien à faire
Car chaque fois Les Feuilles mortes
Te rappelle à mon souvenir
Jour apès jour les amours mortes
N'en finissent pas de mourir

Peut-on jamais savoir par où commence
Et quand finit l'indifférence
Passe l'automne vienne l'hiver
Et que la chanson de Prévert
Cette chanson Les Feuilles mortes
S'efface de mon souvenir
Et ce jour-là mes amours mortes
En auront fini de mourir

Et ce jour-là mes amour mortes
En auront fini de mourir

domingo, 28 de novembro de 2010

Três fósforos

Três fósforos um a um acesos na noite

O primeiro para ver o teu rosto inteiro

O segundo para ver os teus olhos

O terceiro para ver a tua boca

E toda a escuridão para recordar tudo isso

Apertando-te nos braços



***









Trois allumettes une à une allumées dans la nuit

La première pour voir ton visage tout entier

La seconde pour voir tes yeux

La dernière pour voir ta bouche

Et l’obscurité tout entiére pour me rappeler tout cela

En te serrant dans mes bras.

Jacques Prévert

sábado, 27 de novembro de 2010

Para pintar o retrato de um pássaro

Para pintar o retrato de um pássaro



Jacques Prévert

Para Elsa Henriquez



Primeiro pintar uma gaiola

com a porta aberta

pintar depois

algo de lindo

algo de simples

algo de belo

algo de útil

para o pássaro

depois dependurar a tela numa árvore

num jardim

num bosque

ou numa floresta

esconder-se atrás da árvore

sem nada dizer

sem se mexer…

Às vezes o pássaro chega logo

mas pode ser também que leve muitos anos

para se decidir

Não perder a esperança

esperar

esperar se preciso durante anos

a pressa ou a lentidão da chegada do pássaro

nada tendo a ver

com o sucesso do quadro

Quando o pássaro chegar

se chegar

guardar o mais profundo silêncio

esperar que o pássaro entre na gaiola

e quando já estiver lá dentro

fechar lentamente a porta com o pincel

depois

apagar uma a uma todas as grades

tendo o cuidado de não tocar numa única pena do pássaro

Fazer depois o desenho da árvore

escolhendo o mais belo galho

para o pássaro

pintar também a folhagem verde e a frescura do vento

a poeira do sol

e o barulho dos insectos pelo capim no calor do verão

e depois esperar que o pássaro queira cantar

Se o pássaro não cantar

mau sinal

sinal de que o quadro é ruim

mas se cantar bom sinal

sinal de que pode assiná-lo

Então você arranca delicadamente

uma das penas do pássaro

e escreve seu nome num canto do quadro.



POUR FAIRE LE PORTAIT D’UN OISEAU



A Elsa Henriquez



Peindre d’abord une cage

avec une porte ouverte

pendre ensuite

quelque chose de joli

quelque chose de simple

quelque chose de beau

quelque chose d’utile

pour l’oiseau

placer ensuite la toile contre une arbre

dans un jardin

dans un bois

ou dans une forêt

se cacher derrière l’arbre

sans rien dire

sans bouger…

Parfois l’oiseau arrive vite

mais il peut aussi bien mettre de longues années

avant de se décider

Ne pás le décourager

attendre

attendre s’il le faut pendant des années

n’ayant accun rapport

avec la réussite du tableau

Quand l’oiseau arrive

s’il arrive

observer le plus profond silence

attrendre que l’oiseau entre dans la cage

et quand il est entré

fermer doucement la porte avec le pinceau

puis

effacer un a un tous les barreaux

en ayant soin de ne toucher aucune des plumes

de l’oiseau

Faire ensuite le portrait de l’arbre

en choisissant la plus belle de ses branches

pour l’oiseau

peindre aussi

le vert feuillage et la fraîcher du vent

la poussière du soleil

et le bruit des bêttes de l’herbe dans la chaleur de l’été

et puis attendre que l’oiseau se decide à chanter

Si l’oiseau ne chate pás

c’est mauvais signe

signe que le tableau est mauvais

mais s’il chante c’est bon signe

signe que vous pouvez signer

Alors vous arrachez tout doucement

une des plumes de l’oiseau

et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau



de “Paroles” (1945)

segunda-feira, 8 de novembro de 2010

E DEUS EXPULSOU ADÃO…

E Deus expulsou Adão com golpes de cana-de-açúcar

E assim fabricou o primeiro rum na terra

E Adão e Eva cambalearam

pelos vinhedos do Senhor

a Santíssima Trindade os encurralava

mesmo assim continuaram cantando

com voz infantil de tabuada

Deus e Deus quatro

Deus e Deus quatro

E a Santíssima Trindade chorava…

Por cima do triângulo isóscele e sagrado

um biângulo isopicante brilhava

e eclipsava o outro.

de “Histoires” (1963)


Jacques Prévert